Le bout de la Bretagne : des voies express, des presqu’îles et des ports
Les ports de pêche du sud : Le Guilvinec, Concarneau et Douarnenez
Sur la côte sud, les ports de pêche font vivre le département à des heures que le reste du pays ne connaît pas : Le Guilvinec, premier port de pêche artisanale de France et troisième port de pêche du pays, avec dix-huit mille tonnes débarquées, Loctudy et Saint-Guénolé dans le pays Bigouden, Concarneau et ses chantiers navals, Douarnenez et ses conserveries. Les criées vendent à l’aube, et les frigorifiques de marée partent aussitôt vers les marchés de gros et l’Espagne, sur des routes de campagne qui rejoignent la N 165 à Quimper ou à Quimperlé.
Un frigorifique de marée en panne au départ d’une criée se signale avec le port, le quai et l’heure de livraison à tenir : la chaîne du froid et le délai de vente commandent l’ordre des opérations. Sur un quai, l’autorité portuaire indique l’accès au dépanneur.
La presqu’île de Crozon, l’Île Longue et les routes sans issue
Entre la rade de Brest et la baie de Douarnenez, la presqu’île de Crozon ne se rejoint que par Châteaulin et le pont de Térénez sur l’Aulne : Crozon, Camaret et Morgat sont au bout de routes qui ne mènent nulle part ailleurs, et la base des sous-marins de l’Île Longue y fait circuler ses convois sous contrôle militaire. Plus au sud, le cap Sizun et la pointe du Raz reçoivent l’été des autocars sur des routes exposées au vent.
Un porteur en panne au bout de la presqu’île se signale le plus tôt possible : le dépanneur doit faire tout le trajet par Châteaulin. Un convoi militaire immobilisé se signale par son chef de convoi, avec qui le dépanneur s’organise ; un autocar à la pointe du Raz, avec le parking et le nombre de passagers.
Carhaix, la N 164, Landivisiau et les monts d’Arrée
Au centre, la N 164 relie Châteaulin à Carhaix et à Rennes par sections à deux fois deux voies, à travers un pays d’élevage, de laiteries et d’abattoirs ; Carhaix accueille chaque juillet l’un des plus grands festivals de musique du pays, avec ses semis de scène et ses autocars. Au nord, les monts d’Arrée portent le point culminant de la Bretagne et des routes de lande exposées au brouillard, et Landivisiau et Landerneau, sur la N 12, abritent une base aéronavale, des usines agroalimentaires et des plateformes.
Sur une section à une voie par sens de la N 164, un ensemble en panne dit s’il bloque la chaussée ; dans les monts d’Arrée, un porteur sorti de la route dans la lande ne se dégage pas seul, le sol est tourbeux, et le treuillage se prépare avant le départ.
Ouessant, Molène, Sein et Batz : tout passe par le bateau
Le Finistère compte aussi des îles habitées : Ouessant, Molène, Sein, Batz, reliées au continent par des navires de passagers et de fret depuis Brest, Le Conquet, Audierne ou Roscoff. Les camions n’y circulent qu’en petit nombre, pour les chantiers, les ordures ou le carburant, et un véhicule lourd en panne ne peut en repartir que par bateau.
Sur une île, le dépannage se prépare avec la commune et l’armateur : dites-le dès l’appel, avec la nature du véhicule, pour qu’un transport vers le continent soit envisagé si la réparation sur place n’aboutit pas.
Dépanner un poids lourd dans le Finistère : ce que ça coûte
Le plus souvent, le dépannage sur place suffit : batterie de 24 volts, circuit d’air, AdBlue, groupe froid d’un frigorifique de marée, entre 200 et 600 € HT hors fournitures. Le pneumatique sur site se chiffre entre 200 et 500 € HT hors pneumatique.
Pour un remorquage vers un atelier de Brest, de Quimper ou de Landerneau, le forfait va de 400 à 900 € HT pour un porteur jusqu’à 19 tonnes et de 800 à 1 600 € HT pour un ensemble articulé, puis 3 à 6 € HT par kilomètre au-delà, qui pèsent depuis le bout d’une presqu’île. Le décrochage d’une semi à la sellette sur un quai de Concarneau coûte de 200 à 400 € HT, le treuillage d’un porteur sorti dans la lande des monts d’Arrée de 500 à 3 000 € HT, et le relevage à la grue d’un ensemble couché par le vent de 1 500 à 6 000 € HT. La page prix d’un remorquage poids lourd reprend tous les postes.
Pas d’autoroute du tout, des voies express de l’État et un agrément
Le Finistère n’a pas un kilomètre d’autoroute : ses grands axes sont des voies express de l’État, gratuites, la N 165, la N 12, la N 265 autour de Brest et la N 164 sur ses sections à chaussées séparées. Sur ces voies, le dépannage revient à des professionnels que la préfecture agrée par secteur, avec une permanence et un cahier des charges propre aux plus de 3,5 tonnes : nous vérifions à l’appel que le dépanneur envoyé est agréé, et à défaut c’est le 112.
Dans les ports et les criées, sur les terrains militaires, les îles, les routes de presqu’île et les départementales, l’intervention ne relève d’aucun agrément : l’autorité portuaire, l’armée, la commune ou le gestionnaire de la voie fixent les consignes.
Sans partenaire attitré, le dépanneur le plus proche, du Léon à la Cornouaille
Le Finistère n’a pas encore de partenaire poids lourd attitré dans le réseau. La demande est transmise au dépanneur équipé le plus proche du véhicule, depuis Brest, Quimper, Morlaix ou un département voisin, Côtes-d’Armor ou Morbihan, selon la position. Au bout de la Bretagne, les trajets s’allongent vite : donnez la commune, le port ou l’échangeur, la voie et le sens, et le professionnel rappelle avec un montant avant de partir.