Une île sans autoroute, où tout débarque à Bastia
Le port de Bastia, les ferries et la sortie de la ville
Bastia est le premier port de l’île : ses ferries venus de Marseille, de Toulon, de Nice et d’Italie débarquent chaque jour des files de semis et de porteurs qui alimentent toute la Haute-Corse, et la moitié de ce que consomme la Corse passe par ses quais. La sortie de la ville vers le sud se fait par le tunnel et la voie rapide de la plaine, saturée aux heures de pointe et aux arrivées de navires ; vers le nord, la route du Cap Corse est une corniche à une voie par sens.
Une semi qui ne redémarre pas dans la file de débarquement se signale au personnel du port, qui indique l’accès au dépanneur : donnez la compagnie, le quai et la position. Le décrochage à la sellette libère souvent la file avant que le tracteur ne parte.
La T 10 et la plaine orientale, de Borgo à Solaro
La T 10 descend de Bastia vers Aléria, Ghisonaccia et Porto-Vecchio en longeant la plaine orientale, la seule grande plaine de l’île : agrumes, kiwis, vignes et élevage y font rouler des bennes et des frigorifiques, surtout de novembre à janvier pour les clémentines, et les zones d’activité de Borgo, de Lucciana et de l’aéroport de Poretta concentrent les transporteurs. C’est une route à une voie par sens sur l’essentiel de son tracé, avec des traversées de villages et des ponts anciens.
Une benne de clémentines en panne dans une station de conditionnement se signale avec le nom du site et l’entrée ; un ensemble arrêté sur la T 10 se signale avec le sens, Bastia ou Porto-Vecchio, et le point kilométrique ou le village. Le dégagement s’organise avec l’exploitant de la route.
La T 20, Corte, Vizzavona et la neige
La T 20 relie Bastia à Ajaccio par Ponte-Leccia et Corte, puis franchit le col de Vizzavona, à plus de mille cent mètres, par des lacets, des gorges et un tunnel : c’est la route de tout ce qui va d’une préfecture à l’autre, et la neige la ferme aux poids lourds plusieurs fois chaque hiver. La loi Montagne s’applique en Corse : du premier novembre au trente et un mars, dans les communes désignées par le préfet, un poids lourd avec remorque doit avoir des chaînes à bord, et un porteur des pneus hiver ou des chaînes.
Un ensemble bloqué dans une montée enneigée se signale avec le sens et l’état de la chaussée ; un grumier ou une bétaillère sortie dans un ravin se décrit avant tout départ. Ne tentez pas de demi-tour sur une route de col : le dépanneur vient avec le matériel de montagne.
La Balagne, le Cap Corse et la Castagniccia
La T 30 quitte la T 20 à Ponte-Leccia vers L’Île-Rousse et Calvi, les deux autres ports de la Haute-Corse, par une vallée étroite ; le Cap Corse se parcourt par une corniche où les porteurs se croisent au pas ; la Castagniccia et le Niolo sont des montagnes de villages perchés, aux routes à une voie sans accotement. L’été, les autocars de tourisme, les camping-cars et les livraisons des hôtels saturent ces routes, et un poids lourd en panne y coupe la seule liaison.
Si le véhicule avance, gagnez un élargissement ou l’entrée d’un village ; sinon, feux de détresse, triangle loin en amont dans le virage, occupants hors de la chaussée, et appel avec la route, le sens et le village le plus proche. Un véhicule à Calvi ou dans le Cap peut attendre plus longtemps qu’à Borgo : prévenez tôt.
Ce que la Haute-Corse demande le plus, et son prix
Ce que l’on demande d’abord, c’est un dépannage sur place, de 200 à 600 € HT hors fournitures, qu’il s’agisse de batterie 24 volts, de circuit d’air, d’AdBlue, de surchauffe dans une montée ou de freins qui chauffent dans une descente. Le pneumatique sur site complète le tableau, entre 200 et 500 € HT hors pneumatique, avec un délai qui dépend de la disponibilité de la dimension sur l’île.
Un remorquage vers un atelier de Bastia ou de la plaine se facture de 400 à 900 € HT pour un porteur jusqu’à 19 tonnes, de 800 à 1 600 € HT pour un ensemble articulé, plus 3 à 6 € HT le kilomètre hors forfait, et sur les routes de l’île le kilomètre se compte en temps autant qu’en distance. Le décrochage d’une semi à la sellette sur le port se situe entre 200 et 400 € HT, le treuillage d’un véhicule sorti dans un talus entre 500 et 3 000 € HT, et le relevage à la grue d’un ensemble couché dans un virage de montagne entre 1 500 et 6 000 € HT. Tous les postes sont détaillés sur la page prix d’un remorquage poids lourd.
Routes territoriales et agrément en Haute-Corse
Depuis 2014, les anciennes nationales corses sont des routes territoriales, gérées par la Collectivité de Corse : il n’y a ni concessionnaire ni autoroute, et aucun régime d’agrément préfectoral n’y est affirmé faute de source. Sur la T 10, la T 20 et la T 30, le dégagement s’organise avec l’exploitant de la route, et nous vérifions à l’appel que le partenaire de la Haute-Corse est agréé par l’exploitant lorsqu’un agrément existe sur le tronçon ; à défaut, le 112 déclenche l’intervention. Le tarif réglementé du dépannage sur autoroute ne concerne que le continent et les véhicules légers.
Pour un camion qui débarque à Marseille, Toulon ou Nice, la règle continentale reprend ses droits dès la sortie du port : autoroutes concédées, dépanneur agréé par le concessionnaire, vérifié à l’appel. Sur les départementales, les pistes agricoles, les quais et les chantiers de l’île, l’intervention est libre, sous les seules consignes de l’exploitant.
Un partenaire pour toute la Haute-Corse, du Cap à Solaro
Le partenaire poids lourd de la Haute-Corse couvre les 236 communes, de Bastia à la plaine orientale et de la Balagne au Niolo. Le délai dépend de la distance et du relief, qui allongent chaque trajet, et l’hiver de l’état des cols : donnez votre position exacte, la route et le sens, et le partenaire annonce son heure d’arrivée et son montant avant de partir. Un véhicule au sud de la plaine orientale, vers Solaro, peut être pris depuis la Corse-du-Sud si c’est plus court.