Une île, quatre côtes routières : la Martinique du poids lourd
Le Lamentin, Ducos, la raffinerie et les zones d’activités
Le Lamentin est le cœur économique de l’île : aéroport Aimé-Césaire, zones d’activités de la Lézarde, de Place d’Armes et de Californie, centres commerciaux, entrepôts de la grande distribution, et la raffinerie, d’où partent les citernes qui approvisionnent en carburant les stations et les centrales électriques de l’île. Ducos, au sud, prolonge ce bassin d’activités, et toute la plaine du Lamentin se trouve au croisement de l’A 1, de la N 1, de la N 5 et de la N 6 : un nœud routier saturé matin et soir, où les bouchons de l’agglomération foyalaise sont une donnée de chaque journée.
Un ensemble articulé qui s’immobilise dans la file du Lamentin allume ses feux de détresse, le chauffeur restant hors de la chaussée, et l’appel donne la route, le sens et l’échangeur ou le rond-point. Une citerne de carburant en panne annonce le numéro ONU et le code danger du panneau orange, et personne ne fume à proximité.
La côte atlantique, la N 1, Le Robert, La Trinité et les bananeraies du Nord
La N 1 quitte Fort-de-France par Le Lamentin et longe la côte atlantique par Le Robert, La Trinité et Sainte-Marie jusqu’à Basse-Pointe, sur 58 kilomètres. Au nord, de Sainte-Marie à Basse-Pointe, au Lorrain et à Macouba, les bananeraies couvrent les pentes, et les camions descendent les cartons de bananes vers les stations d’emballage puis vers le port ; à La Trinité, la sucrerie du Galion, la dernière de l’île, reçoit la canne de la récolte, et les distilleries du Nord produisent un rhum sous appellation.
De février à juin, pendant la récolte de la canne, les bennes chargées roulent lentement sur la N 1 et les routes des mornes : une benne en panne dans une côte se signale par la commune et le quartier, et la canne coupée, qui ne doit pas attendre, est transférée avec la distillerie ou la sucrerie avant tout remorquage.
La côte caraïbe, Saint-Pierre et la route de la Trace
Au nord-ouest, la N 2 relie Fort-de-France à Saint-Pierre et au Morne-Rouge par Schœlcher, Case-Pilote et Bellefontaine, sur 39 kilomètres de falaises, de ravines et de ponts, sous la montagne Pelée ; la centrale électrique de Bellefontaine y reçoit son combustible, et les éboulements ferment régulièrement la route après les fortes pluies. La N 3, la route de la Trace, traverse l’intérieur de l’île sur 29 kilomètres, de Fort-de-France au Morne-Rouge, par la forêt tropicale et les pitons du Carbet, en lacets serrés et en pentes fortes.
Sur la route de la Trace, un porteur dont les freins chauffent dans une descente s’arrête là où il peut être vu de loin et laisse refroidir ; sur la N 2, après un éboulement, il ne force jamais le passage. L’appel donne la route, la commune et le dernier pont ou virage repérable.
Le sud, la N 5, la N 6, Le Marin et Sainte-Anne
Vers le sud, la N 5 prolonge l’A 1 depuis l’aéroport par Ducos et Rivière-Salée jusqu’au Marin, et la N 6 part du Lamentin par Le François et Le Vauclin pour rejoindre Le Marin par la côte atlantique. Le Marin, avec son port de plaisance et son chantier naval, Sainte-Anne et ses plages, Le Diamant et Sainte-Luce reçoivent chaque jour des autocars de croisiéristes et de touristes, et les camions de livraison y circulent sur des routes étroites, bordées de mornes.
Un autocar en panne sur la route de Sainte-Anne, en pleine journée d’escale, se met à l’écart si possible, les passagers à l’ombre et loin de la chaussée ; l’appel précise la commune, le quartier et le sens. Le transporteur organise, s’il le faut, un car de remplacement pour ramener les passagers au bateau.
Le prix d’un dépannage poids lourd en Martinique
Une intervention sur place est tentée d’abord : batterie de 24 volts, surchauffe dans une côte, circuit d’air, filtre à gazole, démarreur, entre 200 et 600 € HT hors pièces, sachant que certaines pièces poids lourd arrivent par bateau. Un pneumatique changé sur place coûte entre 200 et 500 € HT sans le pneu.
Le remorquage vers un atelier du Lamentin, de Fort-de-France ou de Ducos se facture 400 à 900 € HT pour un porteur jusqu’à 19 tonnes et 800 à 1 600 € HT pour un ensemble articulé, puis 3 à 6 € HT par kilomètre au-delà du forfait. Le décrochage d’une semi à la sellette dans une zone d’activités revient à 200 à 400 € HT, le treuillage d’une benne de canne sortie dans une ravine à 500 à 3 000 € HT, le relevage à la grue d’un porteur couché dans un virage de la Trace à 1 500 à 6 000 € HT, les moyens de levage lourds étant comptés sur l’île. La nuit, le week-end et les jours fériés, la majoration de 50 à 100 % est indiquée au devis. La page prix d’un remorquage poids lourd détaille chaque poste.
Routes de la Collectivité : qui organise le dégagement en Martinique ?
La Martinique n’a ni autoroute concédée ni route de l’État au sens de l’Hexagone : l’A 1, gratuite, et les routes nationales sont exploitées par la Collectivité territoriale de Martinique, qui en avait hérité de la Région. Le dégagement d’un poids lourd immobilisé s’organise donc avec l’exploitant de la route, qui peut imposer ses conditions pour l’A 1 et les grands axes. Un dépanneur agréé est-il exigé sur la section où vous êtes ? Cet agrément est vérifié à l’appel lorsqu’il existe, et le 112 reste le premier réflexe en cas d’accident ou de danger.
Pour un camion débarqué d’un navire et venu de métropole, la règle continentale ne s’applique pas ici : ce sont les consignes de l’exploitant, du port ou de la zone d’activités qui comptent, comme dans les plantations, la raffinerie, les distilleries et sur les chantiers.
La Martinique sans partenaire poids lourd attitré
Le réseau n’a pas encore de partenaire poids lourd en Martinique, et cette page le dit. La demande est transmise à un dépanneur poids lourd installé sur l’île, le plus souvent dans la plaine du Lamentin ou à Ducos, qui rappelle, donne un prix et ne part qu’après votre accord. Avec les bouchons de l’agglomération et les routes des mornes, la position exacte, route, commune, quartier et sens, est ce qui fait gagner le plus de temps.