Deux nationales, deux fleuves frontières et une forêt sans route
La RN 1, de Cayenne à Saint-Laurent-du-Maroni et au bac du Suriname
La RN 1 quitte Cayenne par Matoury et Macouria, où elle est élargie aux abords de la ville, puis traverse Kourou, décrite sur sa propre page, Sinnamary, Iracoubo et Organabo avant d’atteindre Mana et Saint-Laurent-du-Maroni, à 258 kilomètres, où le bac international franchit le Maroni vers Albina et le Suriname ; à une voie par sens sur presque tout le parcours, elle traverse des savanes et des forêts, coupée de ponts et de ralentisseurs, et la saison des pluies, de décembre à juillet, la dégrade et la rend glissante. Le barrage de Petit-Saut, au sud de Sinnamary, reçoit ses convois par une route latérale.
Un ensemble en panne sur la RN 1 se signale avec le point kilométrique, le sens et la commune la plus proche, feux de détresse allumés et triangle posé, car la route n’a pas de bande d’arrêt : le gestionnaire de la route et les forces de l’ordre organisent le dégagement avec le dépanneur, qui vient de Cayenne, de Kourou ou de Saint-Laurent selon le kilomètre. Un camion immobilisé dans la file du bac se signale à l’exploitant.
La RN 2, Régina, Saint-Georges et le pont de l’Oyapock
La RN 2 part de Cayenne vers le sud-est par Roura et ses carrières, Cacao et ses maraîchers, Régina et l’Approuague, puis traverse cent kilomètres de forêt presque vide jusqu’à Saint-Georges-de-l’Oyapock, où le pont de l’Oyapock, ouvert à la circulation en 2017, franchit le fleuve vers Oiapoque et le Brésil ; achevée en 2004 seulement, elle reste l’une des routes les plus isolées de France, sans station-service ni atelier sur de longues distances.
Un ensemble en panne entre Régina et Saint-Georges se signale avec le point kilométrique et le sens, et prévoit une attente longue : le dépanneur vient de Cayenne, à plus de cent kilomètres, et le carburant, l’eau et le téléphone comptent. Un camion immobilisé aux abords du pont suit les consignes des douanes et du gestionnaire.
L’île de Cayenne, Dégrad-des-Cannes, les carrières et le bois
Autour de la préfecture, Rémire-Montjoly, Matoury et Macouria concentrent le port de Dégrad-des-Cannes, décrit sur la page de Cayenne, l’aéroport, les zones industrielles et les grandes surfaces, et la circulation y est saturée matin et soir sur la RN 1, la RN 2 et la RN 4, entre les ronds-points et le pont du Larivot ; les carrières de Roura et de Macouria font rouler des bennes de granulats, et les scieries de la région reçoivent les grumiers des concessions forestières par des pistes en latérite, impraticables aux plus fortes pluies.
Une benne en panne dans les bouchons de Matoury se signale avec le rond-point et le sens ; un grumier immobilisé sur une piste forestière, avec la piste, le kilomètre depuis la nationale et l’état du sol, car un dépanneur lourd n’entre pas sur une latérite détrempée ; un camion arrêté dans une zone industrielle, avec l’entreprise et la porte.
Mana, le riz, l’intérieur et les communes sans route
À l’ouest, Mana et ses rizières, Awala-Yalimapo et ses plages de tortues, Apatou et Grand-Santi, sur le Maroni, vivent au bout de la RN 1 ou du fleuve ; l’intérieur, Maripasoula, Papaïchton, Saül et Camopi, n’a aucune route et ne reçoit ses engins et ses véhicules que par pirogue, par barge ou par avion, et les sites d’orpaillage légaux font monter du matériel par des pistes privées. Pour un poids lourd, la Guyane s’arrête là où s’arrête la nationale.
Un camion de riz en panne à Mana se signale avec la rizière et la route ; un porteur immobilisé sur une piste d’orpaillage, avec l’exploitant et l’accès, car le dépanneur n’y entre qu’avec lui. Dans une commune sans route, le dépannage par la route n’existe pas : précisez-le dans la demande, et l’engin sera réparé sur place avec les moyens locaux.
Le prix d’un dépannage poids lourd en Guyane
Un dépannage sur place règle une batterie de 24 volts sur un parking de Matoury, un circuit d’air, une surchauffe dans les bouchons du Larivot, un alternateur ou un démarreur noyé par la pluie, entre 200 et 600 € HT hors pièces ; le pneumatique sur site coûte entre 200 et 500 € HT hors pneumatique, et l’approvisionnement en pneus lourds se vérifie avant le départ, car ils arrivent par bateau.
Le remorquage vers un atelier de Cayenne, de Matoury ou de Kourou est facturé au forfait, de 400 à 900 € HT pour un porteur jusqu’à 19 tonnes et de 800 à 1 600 € HT pour un ensemble articulé, puis de 3 à 6 € HT par kilomètre au-delà, et les distances guyanaises les font compter comme nulle part ailleurs : Saint-Laurent est à 186 kilomètres de Cayenne, Saint-Georges à 130. Décrocher une semi à la sellette dans la file du port revient à 200 à 400 € HT, treuiller un grumier enlisé sur une piste de latérite à 500 à 3 000 € HT, et relever à la grue un ensemble basculé dans un fossé de la RN 1 à 1 500 à 6 000 € HT. La page prix d’un remorquage poids lourd détaille chaque poste.
Aucune autoroute, des nationales de la Collectivité : qui organise le dégagement
La Guyane n’a ni autoroute ni voie express de l’État : la RN 1 et la RN 2 ont gardé leur nom mais appartiennent à la Collectivité territoriale de Guyane depuis le 1er janvier 2016, comme les routes départementales, et les communes gèrent le reste. Sur ce réseau, le dégagement d’un poids lourd s’organise avec le gestionnaire de la route et les forces de l’ordre, et si un agrément est exigé sur un secteur, nous le vérifions avant de faire partir le dépanneur. Un chauffeur habitué aux dépanneurs agréés du concessionnaire ou de la préfecture, en métropole, ne les retrouvera pas ici.
Dans l’enceinte du port, de l’aéroport et du centre spatial, sur les pistes forestières et minières, dans les carrières et les rizières, les consignes de l’exploitant s’appliquent ; au bac et au pont, celles des douanes et du gestionnaire de l’ouvrage.
Pas de partenaire attitré en Guyane : un professionnel du littoral
Le réseau n’a pas, à ce jour, de partenaire poids lourd attitré en Guyane, et cette page préfère le dire. La demande est transmise à un professionnel du littoral équipé pour le véhicule lourd, depuis Cayenne, Kourou ou Saint-Laurent selon le kilomètre, qui rappelle avec un devis ferme avant de se mettre en route. Nationale, point kilométrique, sens, commune, PTAC, chargement et panne : plus la description est précise, plus le prix et l’heure d’arrivée sont justes, sur des routes où l’atelier est souvent à plus de cent kilomètres.